De la pauvreté, de l'absence
De Maître Eckhart tiré de Sermons
et
De Nisargadatta Maharaj tiré de Sois !



De la pauvreté

Quand j’étais dans ma propre cause, je n’avais pas de Dieu et j’étais cause de moi-même, alors je ne voulais rien, je ne désirais rien car j’étais un être libre et me connaissais moi-même selon la vérité dont je jouissais. Là, je me voulais moi-même et ne voulais rien d’autre, car ce que je voulais je l’étais, et ce que j’étais je le voulais. J’étais libre de Dieu et de toute chose. Mais lorsque par ma libre volonté j’assumais ma nature créée, alors Dieu est apparu, car avant que ne fussent les créatures, Dieu n’était pas Dieu, il était ce qu’il était. Mais lorsque furent les créatures, Dieu n’a plus été Dieu en lui-même, mais Dieu dans les créatures. Or nous disons que Dieu, en tant que ce Dieu-là, n’est pas l’accomplissement suprême de la créature car pour autant qu’elle est en Dieu, la moindre créature a la même richesse que lui. S’il se trouvait qu’une mouche ait l’intelligence et pouvait appréhender l’éternel d’où elle émane, nous dirions que Dieu, avec tout ce qu’il est en tant que Dieu, ne pourrait satisfaire cette mouche.

C’est pourquoi nous prions d’être libre de Dieu et d’être saisi de cette vérité et d’en jouir éternellement là où les anges les plus élevés, la mouche et l’âme sont un, là où je le tenais, où je voulais ce que j’étais, et j’étais ce que je voulais.



De l’absence

Cette connaissance « je suis » est antérieure même à la formation des cinq éléments. L’Absolu ne sait pas qu’il est. Un événement ne peut être perçu qu’à partir de l’apparition du « je suis ». Il faut être conscient, connaissant, pour que, dans ce conscient, soit perçu le connu…

L’Absolu n’a aucune notion d’être ou d’avoir été, c’est seulement lorsque la notion « je suis » apparait spontanément qu’il est possible de conclure : l’Absolu est ou était. Le seul élément permettant d’avoir connaissance de quoi que ce soit est cette présence à soi-même…

Avant le temps, pendant le temps, après le temps, le Jnani prévaut toujours. Il n’existe aucune mesure visible, observable le concernant, mais lui observe toutes choses. Ni futur, ni passé, ne peuvent l’atteindre. Il n’a aucune raison de souhaiter être vivant, de poursuivre son existence.

Une telle pensée ne peut le traverser. Sans désirs, sans nécessités, sans émotions, il persiste. Il est toujours plein complet, total. Dans le séjour du Jnani, il n’y a ni lumière, ni obscurité. Il est au-delà d’un Moi égoïste et également au-delà de « Je suis cela ». Dans la demeure du Jnani, dans le séjour du Jnani, il n’y a ni esprit, ni substance, ni Brahma, ni Maya. Il est dépourvu de cet état d’être.






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