Reliance avec un ami chêne
De Jean-Philippe Faure - le 14 juin 2013


Nous venons plaider pour l’alliance entre les êtres dont la nature apparente semble différente.

Ensemble, nous pouvons aller au-delà de nos êtres, transcender les limites connues, franchir le gouffre des espèces et des règnes. Ensemble, nous touchons à tout l’univers. Ensemble, nous vivons l’abondance.

Le sans limite défie l’imagination. L’alliance de l’homme avec les autres êtres de la planète ouvre une nouvelle ère, ouvre à l’infini, amène l’harmonie. Ensemble, Nous sommes et le poids de Nous est impossible à peser. Ensemble, nous aimons, nous nous mettons à aimer vraiment, dans notre pleine dimension, dans la pleine dimension de l’amour.

La Terre est mon berceau, la Terre est mon refuge. Je croîts, je me multiple et je demeure toujours lié à la Terre. Si je croîts sans le lien avec la Terre, ma croissance est anarchique et mène à la perdition, à la mort. Ce lien avec la Terre est une reliance de chaque instant, une sensibilité pleine qui donne la mesure de toute chose.

Ma canopée commence aux étoiles. Les bouts de mes branches couvrent la galaxie. Je n’ai pas perdu mes antennes, contrairement à vous, les hommes. De mon berceau de terre, je m’étends dans l’infini de l’espace.

La joie de la rencontre est de nous ouvrir à une autre profondeur. C’est parce que nous nous ouvrons à l’étrangeté de l’autre que nous pouvons toucher à une dimension supérieure de notre cœur. Et ce cœur n’est plus celui d’un individu, mais le cœur de la rencontre. Un cœur qui dévoile des espaces insoupçonnés. Un cœur qui résonne de potentialités nouvelles que le « je » ne pouvait soupçonner, car il s’ouvre à partir de la contestation, de l’abolition du « je ».

Nous sommes. Et cette somme est délivrance. Cette somme est le résultat de la multiplication des richesses de ce qui était pris pour l’un ou l’autre. Cette somme est récolte et moisson. Désormais, Nous sommes. Et si nous veillons à ne pas l’oublier, alors nous entrons dans les champs de la joie, nous moissonnons la richesse de la lumière.

Le cœur de l’être abolit les distances, abolit les frontières. Il est un espace sans mesures. Il est un temps sans durée. Le cœur de l’être est un au-delà. Dans le cœur le Nous se déploie, la nature multiple des êtres se révèle. L’être de chair n’est pas que chair, mais aussi minéral, aussi cristal et surtout lumière et éther. Le cœur de bois n’est pas que bois, mais aussi terre, aussi lumière, aussi éther. Ils portent tous les éléments et ces éléments se transmutent, puis fusionnent.

Une fois établi dans le cœur, il n’est plus possible d’oublier. Je dois quitter le cœur pour arriver à me perdre dans le « je ». Tant que je suis relié à la vibrance du cœur le Nous perdure.

Il n’est plus possible, dans ce Nous, de nous définir. Nous sommes, aussi loin que nous déployons notre perception. Nous sommes et un monde de joie se déploie. Nous percevons la jouissance qu’est la transmutation de la lumière par les feuilles. Nous percevons la jouissance de la marche dans le lien avec la Terre-Mère. Nous percevons nos racines communes et notre lien avec tous les cristaux, dans la résonnance à l’harmonie de cette planète.

Un chemin s’ouvre, porteur de milliards de directions, qui mènent de la plante des pieds à la découverte des étoiles. Pour le prendre, il suffit d’ouvrir son cœur au cœur universel et de laisser s’opérer la magie de la reliance.